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Comme le rappelle la fable de La Fontaine, "Le coche et la mouche", ce petit insecte, qui s'agite autour de nous, peut devenir exaspérant. Mais si on essaie de l'attraper, on en est le plus souvent pour ses frais. Pourquoi la mouche échappe-t-elle si facilement à nos assauts ?
Observer les réflexes des mouches
Vous l'avez remarqué, les mouches semblent avoir des réflexes très rapides et, la plupart du temps, s'envolent avant même que la tapette destinée à les écraser ait pu s'abattre sur elles.
Des chercheurs américains ont voulu comprendre comment les mouches pouvaient esquiver les attaques avec une telle célérité. Ils ont d'abord aménagé une zone de vol où les insectes pourraient évoluer.
Pour les observer, ils ont utilisé des caméras extrêmement rapides, capables de capter 7.500 images par seconde. Elles leur ont permis d'enregistrer en détail la nature du vol des mouches
Des facultés étonnantes
Les résultats de ces observations confirment ce que les spécialistes pensaient déjà. Les chercheurs ont constaté que la mouche, détectant une menace, commence par déplacer son corps, puis, d'un simple coup d'aile, dont elle bat environ 200 fois par seconde, s'échappe aussitôt vers une autre direction.
Si les mouches sont dotées de réflexes si rapides, c'est qu'elles captent, dans un temps très court, sept fois plus d'informations que l'homme.
C'est un peu comme si le temps passait au ralenti pour ces insectes. Ils peuvent donc percevoir des menaces que nous ne pouvons même pas entrevoir. Les mouches puisent d'abord cette exceptionnelle rapidité de réflexes dans l'existence d'un circuit sensoriel très affiné.
Mais elles la doivent aussi à l'extraordinaire acuité de leur vision. En effet, les deux yeux de la mouche possèdent 1.500 facettes chacun. Ce qui leur permet d'avoir une vision panoramique, grâce à laquelle les insectes peuvent détecter plus facilement les menaces, d'où qu'elles proviennent.
On peut s'étonner qu'un animal doté d'un si petit cerveau ait pu développer de telles facultés. Elles s'expliquent sans doute par une histoire évolutive qui a doté les mouches des seules armes que ces fragiles insectes pouvaient opposer à leurs prédateurs.
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À la différence de l'utopie, qui met en scène un lieu imaginaire, l'uchronie part du passé réel pour bâtir un récit historique alternatif. Ce genre littéraire, qui s'est surtout développé à partir du XIXe siècle, connaît une faveur qui ne se dément pas.
Une autre Histoire
L'essence de l'uchronie pourrait être résumée par la célèbre réflexion de Pascal, qui s'interrogeait sur l'apparence du nez de Cléopâtre. S'il avait été plus court, aurait-il séduit César, puis Marc-Antoine ? Bref tout le cours des temps à venir n'en aurait-il pas été changé ?
Et c'est bien là ce qui intéresse les auteurs de récits uchroniques : prendre pour base un épisode réel de l'Histoire, puis le modifier. Il ne leur reste plus alors qu'à imaginer les conséquences qui découleraient de ce léger changement du passé. L'uchronie, c'est donc un peu l'Histoire telle qu'elle aurait pu être si un événement, aussi infime fût-il, était venu en modifier le cours.
Un genre qui inspire les écrivains
Le premier véritable récit uchronique est dû à la plume inventive d'un certain Louis Napoléon Geoffroy-Château. Dans son roman "Napoléon et la conquête du monde", publié en 1836, il imagine que l'Empereur, engagé dans la campagne de Russie, en 1812, aurait quitté Moscou avant le début du terrible hiver russe.
Préservant ses troupes du désastre, il aurait pu ainsi poursuivre ses conquêtes. Dix ans plus tard, le romancier anglais Nathaniel Hawthorne écrit une nouvelle, "La correspondance de P", dans laquelle le narrateur rencontre des célébrités qui, au moment de l'écriture du récit, sont déjà mortes.
Il croise ainsi un Walter Scott sénile et un Lord Byron qui a perdu toute sa superbe romantique. Et le genre de l'uchronie n'est pas près de s'essouffler. Ainsi, dans un récit paru en 1962, le romancier américain Philip K. Dick postule la victoire de l'Allemagne et du Japon en 1947.
Quant à l'écrivain américain de science-fiction Keith Roberts, il imagine, dans un roman paru en 1968, les conséquences d'une invasion de l'Angleterre, au XVIe siècle, par les vaisseaux de l'Invincible Armada, lancée à l'assaut du pays par l'Espagne de Philippe II.
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Au début de sa grossesse, une femme enceinte serait capable de meilleures performances sportives. Cette situation s'expliquerait par certaines modifications physiologiques. Elle aurait été utilisée comme une forme de dopage déguisée par certains entraîneurs.
Globules rouges et hormones
Durant la grossesse, l'organisme, du fait de la présence de l'embryon, fabrique davantage de globules rouges. Les organes et les muscles sont donc mieux alimentés en oxygène. Cette meilleure alimentation en oxygène permet donc de meilleures performances physiques.
Par ailleurs, l'organisme d'une femme enceinte sécrète également des hormones susceptibles d'améliorer ces capacités physiques. C'est notamment le cas de la progestérone, qui tend à assouplir les tendons. Elle pourrait donc donner plus de souplesse à une gymnaste par exemple.
Ceci étant, cette production de progestérone n'est pas toujours bien supportée, et peut provoquer certains malaises. Enfin, on ne peut pas exclure un certain "effet placebo" de la grossesse. En effet, la femme enceinte peut être stimulée par l'euphorie que son état lui fait éprouver.
Mais cette relative amélioration des performances sportives ne peut se produire qu'au début de la grossesse, tant que la femme enceinte ne prend pas trop de poids.
Une forme de dopage cachée
Cette faculté des femmes enceintes à se montrer plus performantes aurait été exploitée, dans les années 1960, par des entraîneurs sportifs peu scrupuleux. Ainsi, une athlète russe de haut niveau a eu l'occasion de faire des aveux consternants.
Son entraîneur l'aurait contrainte à concevoir un enfant, pour profiter des capacités sportives accrues de son athlète. Quitte à la forcer à avorter ensuite. Les entraîneurs de plusieurs nations, notamment communistes, auraient utilisé ce stratagème à l'occasion de compétitions internationales.
Il s'agirait donc d'une véritable forme de dopage, qui, du fait de sa nature, ne pourrait être décelée. D'après les autorités chargées de la lutte contre le dopage, une telle "technique" serait en tous cas révolue.
Comme elle semblait surtout en faveur dans les régimes communistes d'URSS et des pays d'Europe de l'Est, une telle combine semble avoir disparu depuis la chute du mur de Berlin et l'effondrement du communisme dans ces régions.
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Les cardinaux sont les dignitaires les plus éminents de l'Église catholique. Ils constituent le Collège cardinalice, autrefois appelé Sacré Collège, et se réunissent en conclave pour élire le pape. Certains d'entre peuvent être nommés "in pectore" par le souverain pontife.
Une nomination secrète
Les premières nominations "in pectore" remontent au XIVe siècle. Depuis lors, de nombreux pontifes y ont eu recours. Quand le pape nomme un cardinal "in pectore", ou "in petto", cela signifie qu'il garde cette promotion "dans son cœur".
Autrement dit, il la garde secrète et n'en informe pas les autres cardinaux. En effet, le pape a coutume de les réunir en consistoire pour leur annoncer la nomination de nouveaux cardinaux.
Cet usage s'explique d'abord par la volonté de préserver la sécurité de l'ecclésiastique choisi. Une telle nomination pourrait en effet lui causer des problèmes de la part d'un régime hostile au christianisme ou à l'Église catholique.
Ainsi Paul VI a-t-il nommé "in pectore" des cardinaux vivant dans des pays communistes d'Europe de l'Est. De même, Jean-Paul II a notamment promu de cette manière un évêque chinois et un évêque soviétique.
Le souci de la sécurité de la communauté catholique, dans certains pays, peut aussi justifier une nomination "in pectore".
Des cardinaux pas comme les autres
Les cardinaux nommés "in pectore" ont un statut particulier. D'après le code de droit canonique, ils ne bénéficient pas des droits qu'ont les autres cardinaux et n'en partagent pas les devoirs.
Ils ne font donc pas partie du Collège des cardinaux et ne peuvent prendre part à l'élection du pape. Mais cette situation cesse dès que le souverain pontife rend publique la nomination du cardinal nommé "in pectore".
Il arrive cependant que le pape garde cette nomination secrète jusqu'à son décès. Dans ce cas, la personne nommée, à son insu pourrait-on dire, cesse aussitôt d'être cardinal.
Il est probable que, dans les dernières décennies, une telle situation se soit produite à plusieurs reprises, notamment pour des évêques chinois ou soviétiques. Il s'agissait, là encore, d'assurer, par ce secret absolu, leur sécurité et celle de leurs ouailles.
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Certains termes nouveaux apparaissent dans les dictionnaires et sont consacrés par l'usage. C'est le cas des mots "umarell" et "fulguré". Quel est exactement leur sens ?
Des "surveillants" de chantiers
Le terme "umarell" est d'origine italienne. Il provient plus précisément du dialecte parlé dans la région de Bologne, où le terme a été forgé à partir de certaines observations.
Il désigne des hommes âgés qui, étant à la retraite, ont trouvé une curieuse façon de s'occuper. Ils passent en effet une grande partie de leur temps à observer les chantiers de construction.
Leur posture est caractéristique : la plupart se tiennent debout, les mains croisées dans le dos. Même si le terme exprime un certain degré de moquerie, d'aucuns ont décidé d'utiliser les "services" des "umarells".
Ainsi, une commune italienne les paie pour surveiller les chantiers de la commune. Ils doivent, par exemple, compter le nombre de camions qui entrent sur la zone en construction et qui en sortent.
Par ailleurs, une chaîne de restauration a demandé à des "umarells" de contribuer à une campagne de promotion sur les réseaux sociaux.
Les victimes de la foudre
Un "fulguré" est une personne touchée par la foudre, mais qui en réchappe, au contraire du "foudroyé". Chaque année, une centaine de personnes sont atteintes par la foudre, mais environ 85 % d'entre elles survivent à cet événement.
Cependant, elles ne sont pas indemnes pour autant. En effet, la foudre laisse des traces dans la vie des "fulgurés". Elle accroît parfois leurs facultés intellectuelles. C'est le cas cette femme qui, après avoir été touchée par la foudre, résout des opérations arithmétiques complexes tout en pensant à autre chose.
Les effets sont souvent plus désagréables. Certains "fulgurés" éprouvent des problèmes de vision, d'autres ne savent plus écrire ou peinent à s'exprimer. De fortes migraines et une intense sensation de fatigue ont également été rapportées.
Pour l'instant, les médecins sont démunis face à ces phénomènes. Ils recensent les cas et observent les principaux signes cliniques, dans l'espoir de mieux comprendre l'action de la foudre sur l'organisme. Ils espèrent que les "fulgurés" seront considérés comme des malades à part entière.
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Depuis quelques années, le drapeau de l'Union européenne, souvent exposé à côté de celui de la France, est contesté par certains députés de l'opposition, au motif qu'il serait d'inspiration chrétienne. Que faut-il penser d'une telle affirmation ?
Un drapeau inspiré d'une médaille de la Vierge ?
En 1955, le Conseil de l'Europe adopte ce drapeau, qui deviendra, en 1985, celui de l'Union européenne. Aujourd'hui, des députés de l'opposition prétendent que le fond bleu et le cercle de douze étoiles du drapeau auraient été copiés sur les motifs de la médaille miraculeuse de la Vierge, frappée à partir de 1832.
En effet, la Vierge serait apparue à une religieuse, Catherine labouré, et lui aurait demandé de faire fabriquer ces médailles.
Or, le fonctionnaire européen ayant conçu le dessin du drapeau, Arsène Heitz, aurait indiqué s'être inspiré de la médaille miraculeuse. Cet artiste peintre, fervent catholique, se serait confié à un ecclésiastique ainsi qu'à une revue confessionnelle au tirage assez confidentiel.
Les intentions des institutions européennes
Il est aujourd'hui impossible de confirmer ou d'infirmer le témoignage d'Arsène Heitz. En effet, l'homme d'Église qui aurait reçu ses confidences est aujourd'hui décédé et la revue à laquelle il aurait accordé un entretien n'a pas été retrouvée.
À supposer même que le concepteur du drapeau européen se soit inspiré de motifs religieux, les institutions européennes qui l'ont adopté n'avaient pas une telle intention.
Pour les députés européens, en effet, les étoiles ne sont pas un symbole religieux, mais un emblème d'unité, confirmé par le cercle autour duquel elles sont alignées. Quant au chiffre 12, il symbolise autant les mois de l'année, les signes du zodiaque ou les travaux d'Hercule que les apôtres entourant le Christ. Sa valeur symbolique est donc universelle.
Les responsables européens rappellent par ailleurs qu'un motif comportant une croix n'a pas été retenu, de nombreux représentants de divers pays membres s'opposant à ce symbole confessionnel.
On peut donc penser que les intentions des députés européens et des membres des institutions concernées ont, à l'égard du choix de ce drapeau, plus d'importance que celles de l'exécutant du projet, fussent-elles avérées.
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Pour découvrir le podcast Complément d'Histoire: https://www.chosesasavoir.com/podcast/complement-dhistoire/
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Les enfants qui, voici quelques décennies, fréquentaient les cantines scolaires, avaient de fortes chances d'apercevoir des numéros au fond de leurs verres. Mais quelle était leur signification ?
L'âge des écoliers
Fatigués par une matinée de cours, les élèves se montrent volontiers turbulents quand ils se retrouvent au réfectoire. Aussi cherchait-on à leur fournir une vaisselle qui, à défaut d'être incassable, fût assez résistante.
C'est pourquoi, à une certaine époque, ils pouvaient boire dans des verres fabriqués par la firme Duralex. Ils étaient faits en verre trempé, un matériau très robuste, qui équipait les vitres de voiture et sert aujourd'hui de verre de sécurité.
Mais ce qui intéressait les collégiens, ce n'était pas la robustesse de leurs verres, mais ce qu'ils apercevaient au fond. En effet, ils pouvaient y voir gravé un chiffre, qui n'était d'ailleurs jamais supérieur à 50.
Et ces chiffres donnaient lieu à un petit jeu. Chacun d'eux était censé donner l'âge de celui à qui le verre était confié. L'élève malchanceux à qui le sort attribuait l'âge le plus tendre se voyait même chargé de certaines corvées, comme de verser l'eau dans les verres de ses petits camarades.
Le numéro des machines
Bien entendu, ces numéros n'étaient pas là pour déterminer l'âge des écoliers. Alors, que se cachait-il réellement derrière ces jeux de potaches ?
En fait, le numéro inscrit sur le fond du verre correspondait à celui d'une des machines qui avaient servi à le fabriquer. De telle sorte que si un défaut ou une malfaçon étaient signalés sur l'un de ces verres, il était facile de retrouver la machine défectueuse.
On évitait ainsi de perdre du temps à rechercher l'origine du problème et on pouvait le régler plus rapidement. Et si le numéro le plus élevé qu'on puisse trouver au fond d'un verre Duralex était 50, c'était tout simplement parce qu'il n'y avait pas davantage de machines pour le confectionner.
Voici comment s'effondrent les légendes qui ont bercé notre enfance. Mais, même si les verres Duralex ont disparu des cantines, on peut toujours croire qu'ils avaient le pouvoir de deviner notre âge.
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Parmi les nombreux effets du réchauffement climatique, certains sont plutôt inattendus. En effet, il peut légèrement modifier certaines frontières, comme celle qui sépare la Suisse de l'Italie.
Les effets de la fonte des glaces
Dans certains secteurs de montagne séparant la Suisse de l'Italie, les frontières entre les deux pays se situent souvent en haute altitude, sur la ligne de crête. Il s'agit, en quelque sorte, d'une ligne qui suit le sommet d'une montagne.
Dans des secteurs comme le Cervin ou le Mont-Rose, les limites entre les deux nations sont souvent tracées sur ces hauteurs. Or, depuis quelques années, le réchauffement climatique est venu les modifier.
En effet, ce radoucissement des températures provoque une fonte accélérée des glaces. Du fait de ce recul des glaciers, les balises installées dans les années 1920 ou 1930 ont disparu.
De ce fait, les frontières légales, telles qu'elles apparaissent sur les cartes, ne correspondent plus au tracé réel. Ainsi, parfois, la nature se jouie des calculs de l'homme.
Des frontières modifiées
En certains endroits, la frontière,, fixée en 1861, s'est donc déplacée. C'est ainsi que, dans le canton du Valais, à Zermatt, la Suisse a gagné 150 mètres sur l'Italie. De telle sorte qu'une station de télésiège devrait se retrouver en territoire helvétique.
Un projet de loi déposé par le ministre des Affaires étrangères italien et des pourparlers entre les deux pays ont ainsi précisé le nombre et l'étendue des modifications à apporter à ces frontières communes.
Ces menues rectifications ne devraient pas changer la configuration des deux territoires. En tous cas, aucun des ressortissants d'un des deux pays ne devrait avoir à changer de nationalité.
Si le réchauffement climatique devait s'accentuer, entraînant la fonte complète des glaciers, de nouvelles limites devraient être prévues. Elles pourraient alors suivre la ligne de partage des eaux ou être arrêtées selon d'autre modalités. La Suisse comme l'Italie sont en tous cas d'accord pour collaborer sur ces questions.
La délimitation de ces nouveaux tracés, qui pourraient être modifiés à plusieurs reprises, est du ressort d'une commission réunissant des représentants des deux pays.
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Quand on fait tomber un objet d'une hauteur suffisante, on s'aperçoit, en faisant les calculs appropriés, qu'il ne tombe pas droit mais est légèrement dévié dans sa chute. Comment expliquer un tel phénomène ?
La déviation vers l'est
C'est Newton qui, le premier, met en évidence, de manière théorique, ce que les scientifiques appellent la déviation vers l'est. Il s'agit d'un phénomène selon lequel un objet, lorsqu'il est en chute libre, ne suit pas exactement la direction que devrait lui imprimer la pesanteur.
Autrement dit, il ne tombe pas droit. En effet, il serait légèrement dévié vers l'est. À la suite de la découverte de Newton, des expériences sont faites pour tenter de prouver son hypothèse.
Ce sera chose faite avec celles qu'entreprend le physicien Ferdinand Reich en 1831. Il lance en effet des objets dans un puits de plus de 150 mètres de fond. Il constate alors qu'ils ne tombent pas de manière parfaitement verticale, mais sont déviés de 28 millimètres vers l'est.
Ses mesures seront vérifiées, au début du XXe siècle, par l'astronome Camille Flammarion et d'autres scientifiques. Un appareil, conçu pour étudier les effets de la chute libre d'un corps, viendra encore les confirmer quelques années plus tard.
La force de Coriolis
Cette légère variation vers l'est est due à la force de Coriolis. Elle est elle-même liée au sens de rotation de la Terre. Si notre planète tournait dans l'autre sens, les objets tombant en chute libre seraient déviés vers l'ouest.
En fait, la force de Coriolis, découverte par l'ingénieur français Gaspard-Gustave Coriolis, dans la première moitié du XIXe siècle, est une force fictive.
En effet, elle ne s'exerce que du point de vue d'un observateur entraîné dans la rotation de la Terre. Il est donc inclus dans ce que les scientifiques appellent un référentiel en rotation.
Cette force de Coriolis n'est pas seulement à l'origine de cette légère déviation vers l'est des objets tombant dans le vide. Elle explique aussi que les vents et les courants atmosphériques ne tournent pas dans le même sens selon l'hémisphère où ils se manifestent.
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Le sens de certaines expressions n'a plus grand rapport avec leur origine. Aussi est-il toujours intéressant de se demander d'où elles viennent. Nous retraçons ici l'origine de deux de ces expressions.
L'origine de l'expression "pendu haut et court"
Si vous avez l'intention de pendre quelqu'un haut et court, aujourd'hui, cela ne veut pas dire que vous en voulez à sa vie. Vous comptez seulement lui infliger une humiliation publique.
Cette expression remonte au Moyen-Âge. À cette époque, et jusqu'à la Révolution française, les personnes condamnées à mort étaient souvent pendues. L'exécution, qui avait lieu sur la place du village, était publique et les gens devaient bien voir, car la peine devait avoir une vertu exemplaire.
Aussi le gibet était-il installé sur une estrade élevée. On pendait donc "haut" les criminels. Et on tenait à économiser la corde. Le bourreau devait donc la prévoir aussi courte que possible.
Il y avait en effet beaucoup de pendaisons et il était inutile de dépenser de l'argent pour du "gibier de potence", comme on disait alors. Il fallait donc aussi pendre "court" les condamnés. Ces deux nécessités se retrouvaient dans l'expression utilisée par la justice, qui ordonnait de "pendre haut et court" les criminels.
Pourquoi dit-on : "Vert de rage" ?
Il est probable que si l'on nous demandait, aujourd'hui, d'associer une couleur à la colère, nous choisirions volontiers le rouge. On peut alors se demander d'où vient l'expression "vert de rage".
Pour le savoir, il faut avoir recours à l'étymologie. Non pas du mot "rage", mais de l'un de ses synonymes. "Colère", puisque c'est de ce mot qu'il s'agit, vient du latin "cholera". On employait ce terme pour désigner la bile.
Le mot latin vient d'ailleurs du grec ancien "kholé", qui a la même signification. Or, dans l'ancienne médecine, la colère était associée à un excès de bile, produite par la vésicule biliaire. Et comme la bile avait une couleur verdâtre, on ne tarda pas à l'associer aux manifestations de colère.
De telle sorte qu'on finit par dire qu'un homme courroucé était "vert de rage".
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