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    SCEPTICISME SCIENTIFIQUE

    Le balado de la science et de la raison

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    Latest Episodes:
    Épisode #255: Lisez la science! Sep 28, 2014
    Show notes

    Interview: David Loureiro.


    Épisode #254: Retour des auditeurs (sur l’épisode #253) Sep 23, 2014
    Show notes

    Jean-Michel Abrassart évoque le retour des auditeurs à propos de l’épisode #253.


    Épisode #253: La zététique version Broch Sep 17, 2014
    Show notes

    Jean-Michel Abrassart de la zététique version Broch. Ceci est la transcription de l’épisode #253: La zététique version Broch du balado Scepticisme scientifique. Un tout grand merci à Jérôme pour avoir réalisé cette transcription. Aujourd’hui j’ai décidé de vous parler un peu d’Henri Broch et de la Zététique version Broch. La raison pour laquelle j’ai décidé de le faire, c’est clair, ce n’est pas un secret que je ne suis pas un très grand fan d’Henri Broch, c’est un sujet que j’ai tendance à éviter dans le podcast ou sur mon blog, mais j’ai eu récemment des discussions sur Twitter ou aussi en face à face avec pas mal de gens… Bon, à un certain moment je pense que je dois en parler clairement sur le podcast plutôt que de tourner autour du pot. Alors c’est vrai que c’est un peu un sujet qui fâche surtout forcément du coté français parce qu’il y a un aspect très émotionnel connecté à cela, si on est devenu un sceptique ou un zététicien en lisant Broch on peut avoir un attachement émotionnel. Après c’est toujours la question de la critique en interne au mouvement, en principe on est tous pour dire : « Oui on doit pouvoir se critiquer les uns les autres », et en pratique quand on le fait ça se passe généralement mal parce qu’on est des êtres humains comme tous les autres. Ceci étant dit, j’avais juste envie de mettre un peu à plat certaines choses qui font que je ne suis pas un très grand fan d’Henri Broch en essayant de les expliquer le plus calmement et le plus simplement possible. Evidemment ça n’engage que moi, ça n’engage absolument pas ni Nicolas Gauvrit ni Thomas Guiot ni n’importe quelle autre personne avec qui j’ai travaillé sur ce podcast. Pour revenir un peu en arrière, j’ai découvert la zététique version Broch durant mes études universitaires et de manière assez parlante, j’avais lu son ouvrage « Le paranormal » qui était sorti à l’époque mais qui ne m’avait pas convaincu. C’est pour ça que je ne suis pas devenu un sceptique ou un zététicien via Broch, mais plutôt en interagissant sur Internet avec Eric Maillot qui a probablement été le premier à m’initier au scepticisme puis Jacques Scornaux, enfin ce sont tous les ufosceptiques dont je vous parle qui m’ont plus convaincu de l’intérêt de la démarche sceptique, et quand je suis allé aux Etats-Unis, là j’ai découvert Skeptical Inquirer, le Skeptic Magazine, etc. Et donc c’est plutôt à ce moment-là que j’ai commencé à me dire sceptique. Un aspect important qui va revenir dans cette discussion est que moi ce qui m’a toujours intéressé c’est l’étude scientifique du paranormal, sur le phénomène ovni ou le reste, mais je vais aborder avec vous aujourd’hui les points qui me dérangent à propos de Broch, et j’envisagerai certains contre arguments parce que j’en ai souvent discuté avec des gens qui défendent Broch et je connais les contre arguments classiques. Donc le premier c’est l’absence de publication scientifique. Le deuxième c’est la nature incohérente du projet zététique. Le troisième c’est la question de l’enseignement de la pédagogie de l’esprit critique, comment on enseigne l’esprit critique aux gens. Le quatrième point c’est le « Prix-Défi », qu’est-ce que le Prix-Défi peut prouver ou ne pas prouver. Le cinquième point, et là c’est plus pour révoquer un contre argument en fait, c’est ce qu’a écrit ou fait Henri Broch était valable dans les années 1980 parce que dans ces années il n’y avait que lui qui faisait ça. Donc je dirais que c’est une question de temporalité. Le contre argument qu’on m’oppose c’est toujours de dire : « Oui mais dans les années 1980, bla bla bla… » Et puis je terminerai en disant un truc que j’aime bien chez Broch (rires), il y a quand même évidemment des tas de trucs que j’aime bien chez Broch, mais je pense qu’il ne faut quand même ne pas faire l’impasse sur le reste. Donc le premier point c’est l’absence de publication scientifique. A ma connaissance, bon j’ai peut-être loupé un article, mais je parle ici d’article, on va y revenir, mais la zététique on peut la voir comme deux choses : comme une pédagogie de l’esprit critique ou comme l’étude scientifique du paranormal, on en reparlera dans le second point, mais on va dire sur ces deux sujets-là : Est-ce qu’Henri Broch a publié beaucoup d’articles dans des revues scientifiques à comité de lecture ? Puisqu’en fait c’est toujours la question, on se présente comme un expert dans un domaine, donc la question c’est de savoir s’il est un expert, ce sont des sujets qu’on a couvert sur le balado, le problème c’est qu’il ne faut pas faire deux poids deux mesures, on dit : « Oui, mais tel auteur ne fait pas de publications dans les domaines sur lesquels il communique dans les médias de masse », la question se pose aussi pour les sceptiques. Dans quelle mesure les sceptiques qui s’expriment sur les sujets sont des experts eux-mêmes ? Broch, à ma connaissance a au moins publié un article qui s’appelle « Les prisons de l’esprit », de mémoire je l’ai vu dans son livre « Le paranormal », il l’a remis dans un chapitre de « Devenez sorciers devenez savants », il l’a publié dans la revue « Agone » et je crois l’avoir vu passer en anglais dans la revue Skeptical Inquirer. Donc c’est un article qu’il a vraiment bien capitalisé, je pense qu’il l’a publié au minimum trois fois dans trois endroits différents. Donc c’est un article dans lequel il se plaint que les gens croient de plus en plus au paranormal, même dans les milieux universitaires, et en fait c’est une analyse de résultats que deux autres sociologues (Daniel Boy et Guy Michelat) ont récolté, donc il a repris les données de ces sociologues et il les a ré analysé en les commentant selon l’approche classique de dire : « Les gens sont irrationnels etc… ». Donc ce ne sont pas des données qu’il a récolté lui-même, il a refait des analyses sur les données récoltées par les deux autres. Voilà, ce n’est ni vraiment un article de pédagogie critique ni un article sur le paranormal, c’est sur la croyance au paranormal donc ça relèverait de la psychologie de la religion ou de la psychologie anomalistique mais il ne l’a publié que dans des livres, mais si on veut être un peu plus généreux on va considérer qu’Agone et Skeptical Inquirer sont des revues scientifiques ce qu’elles ne sont pas vraiment, il n’y a pas vraiment de peer review. S’il l’avait publié dans une revue de psychologie de la religion ou de psychologie anomalistique ça aurait été déjà mieux. Donc voilà, à part ça je n’ai pas vu passer grand chose au cours des années, en tout cas en terme de publications strictement scientifiques. On va me dire « Oui, mais ce n’est pas grave », en fait si c’est grave, par exemple quand je critique Auguste Messeen sur les ovnis, il fait des tas d’affirmations à propos du phénomène ovni et un de mes contre arguments classique c’est de dire : « Oui mais il n’a rien publié dans les revues scientifiques en peer review, il a juste publié dans des revues ufologiques ou dans des livres, comme celui de la COBEPS par exemple ». Donc si c’est un argument qu’on utilise contre les tenants de certaines hypothèses en ufologie ou en parapsychologie etc., je vois mal pourquoi ça ne pourrait pas être un problème de l’autre côté, contre argument classique. Deuxième contre argument : c’est pas grave parce que Broch est juste un vulgarisateur. Ok, ça peut être un argument mais il faudrait voir si c’est clair dans l’esprit des gens que c’est juste un vulgarisateur et le problème aussi c’est qui vulgarise-t-il ? Parce qu’à ce moment-là s’il vulgarise les travaux d’autres personnes, dans quelle mesure est-ce que c’est clair pour les lecteurs ? Est-ce qu’il le fait bien ? Là ça devient un problème récurrent dans ses livres, il y a peu de références, par exemple dans « Devenez sorciers devenez savants » il n’y a pas tellement de sources, c’est très peu référencé. Je vous invite à comparer avec un livre comme celui de Michel de Pracontal, « L’imposture scientifique en dix leçons » par exemple, il vulgarise, il fait de la revue de littérature, il présente certaines thématiques, mais c’est blindé de sources, on sait très bien de qui il prend quelles idées etc. De toutes façon si on dit : « Ok c’est juste un vulgarisateur », ça remets les choses en perspective, mais je ne suis pas sûr que tout le monde ne se l’imagine comme ça. La nature incohérente du projet zététique. Alors c’est la question de savoir ce qu’est la zététique, c’est même un problème avec le scepticisme en général, mais c’est encore plus fort, cristallisé dans la zététique avec un double projet qui est d’un côté l’enseignement de la pensée critique et de l’autre l’étude scientifique du paranormal. Alors quand j’aborde ce point on me dit : « Mais non, c’est clair, en fait la zététique c’est juste l’enseignement de la pensée critique ». Si vous prenez la thèse de Richard Monvoisin, il va vous expliquer que la zététique c’est une méthode d’enseignement de la pensée critique, moi j’aime toujours ajouter : « Une méthode parmi d’autres d’enseignement de la pensée critique ». Evidemment si on me dit ça je suis d’accord, mais alors si le but c’est d’enseigner la pensée critique pourquoi consacrer ses livres au paranormal ? Evidemment c’est une idée qu’on retrouve chez certains sceptiques américains, c’est-à-dire que le paranormal serait une « Gateway drug » c’est-à-dire une drogue qui fait passer à une autre drogue, par exemple on prend du cannabis et ça nous ferait passer à l’héroïne, et donc le paranormal ne serait qu’une excuse pour introduire les gens à la pensée critique ou à la méthode scientifique, etc. Mais ça me pose problème à différents niveaux parce que ça veut dire clairement que la zététique ce n’est pas l’étude du paranormal, alors quand je dis ça on me dit : « Mais oui c’est évident que ce n’est pas l’étude scientifique du paranormal ». Ok, c’est encore quelque chose que le lis et entend régulièrement, ça fait partie des phrases du type « la zététique c’est l’art du doute », « c’est l’étude scientifique du paranormal ». Non en fait la zététique c’est une méthode pédagogique de l’enseignement de la pensée critique, ça c’est ce que la zététique est vraiment. Et alors l’approche gateway drug ça m’a toujours dérangé parce que moi ce que je défend c’est pratiquement la position inverse, c’est que l’étude scientifique du paranormal devrait être une étude d’un sujet comme un autre, ça ne devrait pas être fait dans l’objectif d’initier les gens à la pensée critique ou d’introduire les gens à la méthode scientifique etc. Le paranormal est un sujet comme un autre, il devrait être étudié de la même façon. Donc sur le plan de la démarche je ne suis pas d’accord, je pense qu’un des problème c’est justement que l’étude scientifique du paranormal a sociologiquement une connotation particulière, mais même sur le fond est-ce qu’enseigner la pensée critique via le paranormal ou le débat sur le paranormal est une bonne idée ? Ce serait une bonne idée si le débat sur le paranormal était facile et aisé je dirais, mais le problème c’est qu’une fois qu’on rentre réellement dans le débat, c’est-à-dire qu’on dépasse un petit peu les réponses simplistes, eh bien c’est un débat extrêmement complexe. Si on commence à parler des méta analyses, de l’épistémologie bayesienne, etc., les discussions qu’il y a réellement actuellement autour de la parapsychologie et de l’existence du psi. On n’est plus vraiment dans des débats faciles, ça ne me parait pas être le genre de choses qu’on va forcément aborder si le but c’est d’enseigner la pensée critique aux gens. Ce qui nous amène au troisième point qui est : La question de la pédagogie de l’esprit critique. Une des choses que l’on retrouve en zététique c’est un ensemble d’effets, ne me demandez pas de connaître les noms, j’ai toujours trouvé les noms relativement ridicules et sans intérêt. Ces listes d’effets, évidemment on nous présente comme faisant partie de la méthode scientifique alors qu’en réalité pour moi ça relève clairement de la philosophie. Mais il y a une discipline qui faisait ça bien avant que la zététique n’arrive, c’est simplement la philosophie, tous ces effets viennent juste de la logique qui est un domaine classique de la philosophie. Comment penser correctement c’est classiquement ce qu’on fait en logique, en rhétorique, ce sont des domaines classiques de la philosophie, on n’a pas besoin de la zététique pour ça. L’intérêt de rebaptiser d’un nom plus entre guillemets « simple » certains raisonnements fallacieux qu’on identifie en philosophie… Le problème c’est que les nouveaux noms ne sont pas forcément plus transparents que les anciens, style « effet bi standard », « effet paillasson », il faut quand même lire la description pour savoir à quoi ça correspond, donc je ne suis pas convaincu. La question c’est : comment est-ce qu’on doit enseigner la pensée critique aux gens ? Je pense que l’enseignement de la pensée critique vient nécessairement par l’enseignement de la philosophie en fait, et au niveau des méthodes maintenant il y a la pratique de la philosophie avec les enfants et d’autres choses. Le problème des listes d’effets c’est que ça présente des réponses simplistes à des questions complexes ce qui est toujours le problème selon moi. Par exemple on a l’impression que le Rasoir d’Ockham s’applique comme ça, voilà, c’est facile ça résout tous les problèmes, alors qu’employer le Rasoir d’Ockham est extrêmement compliqué, il faudrait qu’on en reparle un autre jour, mais ça n’a rien de simple en fait. C’est comme de dire : « La méthode scientifique rejette d’office le surnaturel à cause du naturalisme méthodologique », c’est super, c’est toujours des sortes de raccourcis cognitifs, c’est un peu ce que j’aime à appeler du vocabulaire de Bruno Latour « des mensonges aux enfants », ce sont des réponses faciles mais qui ne problématisent rien. Par exemple : Pourquoi est-ce qu’on ne pourrait pas étudier le surnaturel d’un point de vue scientifique ? Il y a des épistémologues qui défendent qu’en fait on peut étudier le surnaturel d’un point de vue scientifique, simplement le surnaturel a échoué au test. En fait c’est empiriquement qu’on a rejeté le surnaturel et pas sur un principe à priori. Donc en fait il y a moyen de réfléchir sur tout ça, mais ces listes d’effets donnent l’impression que : « Oh voilà… », on a eu un peu ça dans une des dernières vidéos de Lazarus : « Oh comment est-ce que vous savez qu’il n’y a pas eu de complot lors du 11 septembre 2001 ? Eh bien c’est simplement parce que vous appliquez le Rasoir d’Ockham ». Il y a une explication complexe, la théorie de la conspiration, une hypothèse simple, celle que les évènements se sont déroulés tels que les historiens du consensus scientifique classique le considèrent donc il faut choisir… Tout ça est trop simpliste. Le problème aussi est : qu’est-ce qu’on entend par rationalité et esprit critique ? Moi je dis toujours : « On est obligé d’enseigner aux gens la complexité des débats », si on leur donne un permis de conduire dans une pochette surprise ça ne fonctionne pas. Les réponses faciles c’est un peu comme : « Donne un poisson a un homme et il mangera un jour, apprend lui à pêcher et il mangera tous les jours ». Les réponses faciles c’est un peu comme si on lui donnait un poisson maintenant : « Oh je te donne un raccourci, rejette les théories de la conspiration avec le Rasoir d’Ockham, pouf pouf ! Voilà c’est bon ! ». Oui mais on ne lui a pas réellement appris à penser de manière critique. Penser de manière critique c’est un chouya plus compliqué que ça. Ce qui nous amène ensuite à : La question du Prix-Défi. C’est un argument qui est invoqué par pas mal de gens pour dire : « La parapsychologie se dit scientifique et le Prix-Défi a prouvé que le paranormal n’existe pas ». C’est encore une fois un peu dans des raccourcis comme ça. Bon, basiquement dans les choses qui me dérangent à propos du Prix-Défi, chez Broch particulièrement, c’est qu’il n’y a pas grand-chose de publié. Si vous avez un rap…

    Full show notes at the publisher

    Épisode #252: L’effet Dunning-Kruger II, le retour Sep 03, 2014
    Show notes

    Jean-Michel Abrassart et Thomas Guiot discutent de l’article “Ce qu’est l’effet Dunning-Kruger et ce qu’il n’est pas (Tal Yarkoni)”.


    Épisode #251: Stradivari surprise Aug 26, 2014
    Show notes

    Jean-Michel Abrassart et Thomas Guiot discutent de l’article « Stradivari surprise: des solistes rejettent les célèbres violons en test à l’aveugle (LA Times) ».


    Épisode #250: Voyage sceptique en Écosse Aug 20, 2014
    Show notes

    Jean-Michel discute du poltergeist de Mackenzie, dans le cimetière Greyfriars Kirkyard.


    Épisode #249 (SitP Bruxelles): L’avenir des cours philosophiques Aug 03, 2014
    Show notes

    Conférence donnée par Nadia Geerts le 21 juin 2014 à Sceptiques dans un pub, Bruxelles.


    Épisode #248: Physique quantique et philosophie de l’esprit Jul 28, 2014
    Show notes

    Interview: Quentin Ruyant.


    Épisode #247: Spécial CAIPAN Jul 22, 2014
    Show notes

    Jean-Michel Abrassart fait son rapport de l’atelier sur « la Collecte et l’Analyse des Informations sur les Phénomènes Aérospatiaux Non-identifiés (CAIPAN) ».


    Épisode #246: Enquête sur les créationnismes Jul 06, 2014
    Show notes

    Interview: Olivier Brosseau.


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