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Si la lettre "y" s'appelle "i grec", c'est que, comme on l'imagine, elle a été empruntée à l'alphabet grec. Elle a été formée, en effet, à partir de sa vingtième lettre, appelée "upsilon".
Dans un premier temps, c'est le latin qui s'est servi de cette lettre pour figurer le son "u", qui n'existait pas dans cette langue. En passant au français, le son représenté par le "y" a peu à peu évolué, pour aboutir au "i" que nous connaissons aujourd'hui.
Mais le "y" ne se prononce pas toujours "i". C'est le cas dans beaucoup de nos mots, comme "lycée" ou "gymnase" par exemple. Mais cette lettre complexe peut se prononcer autrement.
En effet, dans certains mots, on entend plutôt le son "ye". C'est le cas dans "loyer" ou "employé" par exemple.
Ces particularités de prononciation expliquent le double statut du "y". En effet, c'est la seule lettre de notre alphabet qui puisse être considérée à la fois comme une voyelle et une consonne.
Ainsi, dans le mot "lycée", ou le "y" se prononce "i", le "y" est bien l'une de nos six voyelles (on se souvient de la liste chère à tous les écoliers : "a, e, i, o, u, y").
Si l'on prend maintenant le mot "loyer", on voit qu'il se prononce comme si chacune de ses syllabes comprenait un "i" : ce qui donne en effet "loi-ier". Dans ce cas, il n'y a aucun doute pour les linguistes, le "y" est bien une consonne.
Par ailleurs, cette lettre ne connaît, en principe, ni les liaisons ni l'élision. Ainsi, on ne dit pas les "z'yaks" ou "l'yoga". Mais, comme toujours en français, il y a des exceptions à ces règles. Ainsi, on dira bien les "z'yeux" et on prononcera "l'Yonne" quand on voudra parler du département.
Mais le "y" peut aussi être un adverbe, indiquant le lieu, comme dans la phrase suivante : "cet endroit, j'y vivrais volontiers". Dans ce cas, ce "y" adverbe vient du latin "hic", qui veut dire "ici".
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C'est bien connu, on ne prête qu'aux riches. C'est ainsi qu'on attribue au cardinal de Richelieu, le puissant ministre de Louis XIII, une innovation qui accompagne encore nos repas quotidiens.
En effet, il aurait imposé, pour le service de table, les couteaux à bout arrondi que nous connaissons encore. Jusque là, en effet, les convives utilisaient plutôt des poignards de chasse, dont le bout aigu permettait de piquer les morceaux de viande.
Richelieu, qui était un homme fin et raffiné, aurait pris la décision de faire arrondir le bout de ces couteaux. Mais dans quel but ?
On sait qu'au XVIIe siècle, les nobles avaient des manières que nous ne jugerions pas très policées aujourd'hui. Ces usages assez grossiers se vérifiaient notamment à table, où ils se tenaient mal.
En effet, l'usage de la fourchette, introduit par Henri III à la fin du XVIe siècle, était loin d'être général, et les larges serviettes, nouées autour du cou, étaient souvent maculées de graisse.
Mais un autre usage aurait offusqué le cardinal. En effet, ses invités avaient la fâcheuse habitude de se curer les dents avec la pointe effilée de leur couteau.
Une autre raison aurait poussé Richelieu à agir ainsi. Soucieux d'éviter que les nobles ne s'entretuent dans des duels alors très fréquents, il avait déjà interdit cette pratique.
Mais il redoutait aussi que les convives, emportés par la fougue de leur tempérament, ne se querellent à table et ne se servent alors de leurs couteaux pointus pour se porter des coups fatals.
Richelieu n'a pas inventé ces couteaux
Le cardinal de Richelieu n'est cependant pas à l'origine des couteaux à bouts arrondis. On a en effet retrouvé de tels couteaux datant du début du XVe siècle. Ils étaient utilisés à la Cour du duc de Bourgogne.
Par ailleurs, la date à laquelle Richelieu aurait pris cette mesure demeure très incertaine. En revanche, s'il n'a pas inventé ces nouveaux couteaux, le cardinal en a sûrement répandu l'usage, suivi en cela par Louis XIV, qui les imposa à sa Cour.
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Dans le jargon du cinéma, une "impasse mexicaine", ou "mexican standoff", désigne une situation dans laquelle plusieurs protagonistes, au minimum trois, se menacent mutuellement.
Le suspens vient de ce qu'aucun des participants n'a intérêt à attaquer le premier. En effet, s'il s'en prend à l'un de ses adversaires, il devient vulnérable aux assauts des autres.
De ce fait, chaque protagoniste attend que les autres prennent l'initiative. Devant l'écran du cinéma, ou de son poste de télévision, le spectateur attend lui aussi, se demandant qui va se décider le premier, et quel sera le résultat d'un affrontement où chacun semble avoir des chances égales.
L'impasse mexicaine est le clou de nombreux westerns. Du moins quand les fameux "gunfights" qui concluent souvent ces films opposent plus de deux as de la gâchette.
On retrouve notamment une telle situation dans le film de John Sturges "Règlement de comptes à OK Corral". Sorti en 1957, ce film, inspiré d'une histoire authentique, voit l'affrontement mémorable du célèbre shérif Wyatt Earp, et de son acolyte Doc Holiday, contre la bande des Clanton.
Durant cette longue scène, où les protagonistes s'avancent lentement les uns vers les autres, et où la caméra, en plans rapprochés, s'attarde sur les regards ou sur des mains prêtes à sortir les revolvers de leurs étuis, la tension ne cesse de monter, mettant le spectateur au supplice.
Le suspens de bien d'autres films, plus récents, est fondé sur des impasses mexicaines. On cite souvent, à cet égard, le combat emblématique par lequel Sergio Leone a terminé ce qui est sans doute son film le plus célèbre, "Le bon, la brute et le truand", sorti en 1966.
Le réalisateur Quentin Tarentino en a fait l'un de ses ressorts dramatiques favoris. On retrouve en effet ce type de scène dans "Reservoir dogs", en 1992, ou dans "Pulp fiction", en 1994.
Quant aux trois comparses du film de Gore Verbinski, "Pirates des Caraïbes : le secret du coffre maudit" (2006), ils s'affrontent, dans le cadre d'une superbe impasse mexicaine, pour la possession du coffre convoité.
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Rendez-vous le 1er janvier pour la reprise !
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Durant près d'un millénaire, les femmes chinoises eurent les pieds bandés. Cette pratique s'appliquait aux petites filles dès leur plus jeune âge. On trempait leurs pieds dans l'eau bouillante, puis on les enveloppait dans des bandelettes en maintenant les doigts de pied repliés.
Le pied était ensuite enveloppé de bandelettes, qu'on resserrait de plus en plus. Le but de cet usage barbare était de réduire au maximum la taille des pieds. Les femmes dont les pieds mesuraient moins de 7,5 cm avaient droit à une distinction renommée, le "Lotus d'or".
Ce bandage des pieds provoquait de vives douleurs. Il produisait en effet une déformation douloureuse des orteils, atrophiés et complètement retournés sur la voûte plantaire. Il n'était d'ailleurs pas rare que cette opération entraîne une fracture des doigts de pied.
Une pratique qui se répand peu à peu
On ne ne connaît pas avec précision l'origine de cet usage. Si l'on en croit une des légendes répandues sur ce sujet, c'est un Empereur de la dynastie Tang, à la fin du Xe siècle, qui, le premier, aurait demandé à l'une de ses concubines de se bander les pieds.
Elle aurait pu ainsi exécuter avec plus de grâce une danse traditionnelle censée aiguiser les sens du monarque. Quoi qu'il en soit de la véracité de cette histoire, il est avéré que cette coutume concerna d'abord les femmes de la Cour, puis celles de haut rang.
En effet, cette pratique empêchait les femmes de se déplacer normalement. Or les femmes du peuple devaient travailler pour subvenir aux besoins de leur famille. Peu à peu cependant, l'usage, d'abord signe de distinction, s'est répandu dans toutes les classes de la société.
Ce qui a progressivement contraint les femmes à rester chez elles, cantonnées aux tâches domestiques. Au moment de l'instauration de la République, en 1912, la pratique a été interdite.
Mais il faut attendre les années 1950 pour qu'elle disparaisse vraiment. Elle équivaut aujourd'hui à une forme de mutilation, et elle est sanctionnée comme telle. Ce qui n'empêche pas un certain intérêt pour un usage qui, malgré sa cruauté, fait partie de la culture chinoise traditionnelle.
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