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    Collège de France (Arts)

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    Latest Episodes:
    03 - Traverser les frontières Nov 06, 2018
    Show notes

    Amos Gitaï Collège de France Création artistique Année 2018 - 2019 Traverser les frontières Représenter la guerre Kippour (2000), extraits Durant la guerre de Kippour en 1973, je faisais partie d’une équipe de sauvetage. Pour nous, l’ennemi c’était la mort : il fallait sauver des gens. Lorsque notre hélicoptère a survolé le territoire syrien, j’ai vu des villages, des jeeps, des bases, et c’est à ce moment-là que le missile nous a touché et que notre hélicoptère s’est écrasé. De sauveteurs, nous sommes devenus des victimes. J’avais commencé à filmer avec une petite caméra Super 8 pendant la guerre, mais j’ai mis 27 ans avant de pouvoir réaliser un film de fiction sur cette expérience. En 27 ans, ce qui n’était qu’un traumatisme personnel a pris une dimension symbolique. Israël est un pays bizarre : à chaque fois que vous pensez avoir réglé votre relation avec lui, vous réalisez que la réalité s’est déplacée, qu’elle est en transformation permanente. Je suis conscient de n’être qu’un individu à l’intérieur de ce grand mécanisme, peut-être un témoin, presque dans le sens hitchcockien du terme : au sens de témoin d’un crime. Je ne parlerai pas en termes de mission, mais il y a quelque chose que je dois traduire à travers mon propre regard. En même temps, Israël est un pays très touchant, il y a quelque chose de réel et direct, les choses sont très brutes, pas camouflées, plutôt assez exposées. Tout cela mérite un regard fort. Personnalité invitée : Jean-Michel Frodon Jean-Michel Frodon a été directeur de la rédaction des Cahiers du cinéma de 2003 à 2009, après avoir été journaliste et critique au journal Le Monde. Il est actuellement professeur associé à Sciences-Po Paris et enseigne à l'université Saint Andrews en Écosse. Il a été commissaire associé de l’exposition Chris Marker, les 7 vies d’un cinéaste qui a eu lieu à la Cinémathèque française du 3 mai au 29 juillet 2018. Il rédige régulièrement des critiques de films accessibles sur son blog : www.slate.fr/source/jean-michel-frodon En 2009, Il a publié avec Amos Gitaï et Marie-José Sanselme l'ouvrage Genèses (éditions Gallimard), qui revient, étape par étape, sur la genèse des films d'Amos Gitaï, sur leur maturation, les tours et les détours d'un processus de création singulier, à travers le point de vue de chacun des trois auteurs. Kippour (2000) « Le principe de filmage de la guerre dans Kippour est simple, limpide. Privilégier la durée réelle […] faire de la caméra une personne supplémentaire qui marche à côté des soldats, court, elle aussi, derrière les autres pour grimper dans l’hélico sur le point de décoller […]. Le spectateur est à l’intérieur de la guerre tout en restant à l’extérieur du groupe, les accompagnant à distance. Jamais le film n’alimente chez le spectateur le fantasme de faire corps avec eux. » (Charles Tesson, Cahiers du Cinéma, n° 549, septembre 2000)


    02 - Traverser les frontières - VIDEO Oct 30, 2018
    Show notes

    Amos Gitaï Collège de France Création artistique Année 2018 - 2019 Traverser les frontières « Ce n’est pas moi qui politise mes films, ce sont eux qui m’ont politisé » À l’Ouest du Jourdain (2017) ; Journal de campagne (1982), extraits « Nous avions eu une sorte d’intuition, cinq ans avant l’Intifada, que ce que les Israéliens appelaient à l’époque une « occupation éclairée », une sorte d’occupation sans occupation mais avec une présence militaire visible, serait synonyme de grande tension. Pour Journal de Campagne, nous avons commencé à suivre un parcours, de manière méthodique, en usant du plan-séquence pour filmer divers épisodes. Chaque plan-séquence devient un chapitre du journal de tournage. À cette époque, on voulait empêcher que cette réalité de l’occupation soit filmée, parce qu’elle n’existait pas « officiellement ». Il fallait donc, coûte que coûte, supprimer les images. L’occupation est une idée abstraite, et le travail qui intéresse à mon avis chaque cinéaste est le suivant : comment décrire une abstraction ? Journal de campagne s’est fait de cette manière, en accumulant une série de situations filmées. Dans le contrat tacite qui me lie au spectateur, je me devais d’inscrire cette obsession ou cette insistance de filmer à tout prix. • Films : Journal de campagne (1982) ; À l’Ouest du Jourdain (2017) Journal de Campagne est un journal tourné dans les territoires occupés avant et pendant l’invasion du Liban en 1982. Amos Gitaï y arpente méthodiquement le même triangle de terre, filmant au jour le jour ce qu’il voit, le malaise des soldats israéliens devant la caméra, leur refus d’être filmés, l’état d’esprit des colons, les multiples formes du ressentiment des Palestiniens. Dans À l’Ouest du Jourdain, Amos Gitaï retourne dans les territoires occupés pour la première fois depuis Journal de campagne. Le film décrit les efforts de citoyens israéliens et palestiniens qui tentent de dépasser les conséquences de l’occupation. Des liens humains se sont tissés entre des militants des droits de l’homme, des journalistes, des militaires, des mères en deuil et même des colons. Devant l’absence de solutions politiques pour résoudre la question de l’occupation, ces hommes et ces femmes se dressent pour agir au nom de leur conscience civique. House et Wadi, deux trilogies documentaires filmées pendant un quart de siècle. Ananas « House et Wadi sont deux films pour lesquels j’ai éprouvé le besoin de revenir, plusieurs années plus tard, sur les mêmes lieux pour filmer les mêmes personnes. Wadi est pour moi une sorte de site archéologique, chaque personnage représentant une couche particulière d’une archéologie humaine. En fait, chaque film est pour moi comme un nouveau chapitre d’une chronique : j’enregistre différents états du territoire comme autant de couches archéologiques, parce qu’Israël se vit encore comme un État sans histoire, qui déploie des efforts surhumains pour excaver un petit morceau de mur de l’époque de Salomon et raser des quartiers entiers. On est toujours dans l’abstraction de la période sioniste. Avec House et Wadi, ce qui m’intéressait c’était d’enregistrer, grâce à ces films tournés à plusieurs années de distance, les transformations humaines à l’intérieur d’un même site. Pour Ananas, tout part d’une étiquette. Un jour, en ouvrant mon frigo, j’ai regardé de près une boîte d’ananas ; elle avait été fabriquée aux Philippines, mise en boîte à Honolulu, distribué à San Francisco, et l’étiquette « imprimé au Japon ». C’était une illustration concrète de l’économie des multinationales. Ananas, c’est un peu comme House : un microcosme ».


    02 - Traverser les frontières Oct 30, 2018
    Show notes

    Amos Gitaï Collège de France Création artistique Année 2018 - 2019 Traverser les frontières « Ce n’est pas moi qui politise mes films, ce sont eux qui m’ont politisé » À l’Ouest du Jourdain (2017) ; Journal de campagne (1982), extraits « Nous avions eu une sorte d’intuition, cinq ans avant l’Intifada, que ce que les Israéliens appelaient à l’époque une « occupation éclairée », une sorte d’occupation sans occupation mais avec une présence militaire visible, serait synonyme de grande tension. Pour Journal de Campagne, nous avons commencé à suivre un parcours, de manière méthodique, en usant du plan-séquence pour filmer divers épisodes. Chaque plan-séquence devient un chapitre du journal de tournage. À cette époque, on voulait empêcher que cette réalité de l’occupation soit filmée, parce qu’elle n’existait pas « officiellement ». Il fallait donc, coûte que coûte, supprimer les images. L’occupation est une idée abstraite, et le travail qui intéresse à mon avis chaque cinéaste est le suivant : comment décrire une abstraction ? Journal de campagne s’est fait de cette manière, en accumulant une série de situations filmées. Dans le contrat tacite qui me lie au spectateur, je me devais d’inscrire cette obsession ou cette insistance de filmer à tout prix. • Films : Journal de campagne (1982) ; À l’Ouest du Jourdain (2017) Journal de Campagne est un journal tourné dans les territoires occupés avant et pendant l’invasion du Liban en 1982. Amos Gitaï y arpente méthodiquement le même triangle de terre, filmant au jour le jour ce qu’il voit, le malaise des soldats israéliens devant la caméra, leur refus d’être filmés, l’état d’esprit des colons, les multiples formes du ressentiment des Palestiniens. Dans À l’Ouest du Jourdain, Amos Gitaï retourne dans les territoires occupés pour la première fois depuis Journal de campagne. Le film décrit les efforts de citoyens israéliens et palestiniens qui tentent de dépasser les conséquences de l’occupation. Des liens humains se sont tissés entre des militants des droits de l’homme, des journalistes, des militaires, des mères en deuil et même des colons. Devant l’absence de solutions politiques pour résoudre la question de l’occupation, ces hommes et ces femmes se dressent pour agir au nom de leur conscience civique. House et Wadi, deux trilogies documentaires filmées pendant un quart de siècle. Ananas « House et Wadi sont deux films pour lesquels j’ai éprouvé le besoin de revenir, plusieurs années plus tard, sur les mêmes lieux pour filmer les mêmes personnes. Wadi est pour moi une sorte de site archéologique, chaque personnage représentant une couche particulière d’une archéologie humaine. En fait, chaque film est pour moi comme un nouveau chapitre d’une chronique : j’enregistre différents états du territoire comme autant de couches archéologiques, parce qu’Israël se vit encore comme un État sans histoire, qui déploie des efforts surhumains pour excaver un petit morceau de mur de l’époque de Salomon et raser des quartiers entiers. On est toujours dans l’abstraction de la période sioniste. Avec House et Wadi, ce qui m’intéressait c’était d’enregistrer, grâce à ces films tournés à plusieurs années de distance, les transformations humaines à l’intérieur d’un même site. Pour Ananas, tout part d’une étiquette. Un jour, en ouvrant mon frigo, j’ai regardé de près une boîte d’ananas ; elle avait été fabriquée aux Philippines, mise en boîte à Honolulu, distribué à San Francisco, et l’étiquette « imprimé au Japon ». C’était une illustration concrète de l’économie des multinationales. Ananas, c’est un peu comme House : un microcosme ».


    01 - Traverser les frontières - VIDEO Oct 23, 2018
    Show notes

    Amos Gitaï Collège de France Création artistique Année 2018 - 2019 Traverser les frontières Le documentaire comme métaphore House et Wadi, deux trilogies documentaires filmées pendant un quart de siècle Ananas « House et Wadi sont deux films pour lesquels j’ai éprouvé le besoin de revenir, plusieurs années plus tard, sur les mêmes lieux pour filmer les mêmes personnes. Wadi est pour moi une sorte de site archéologique, chaque personnage représentant une couche particulière d’une archéologie humaine. En fait, chaque film est pour moi comme un nouveau chapitre d’une chronique : j’enregistre différents états du territoire comme autant de couches archéologiques, parce qu’Israël se vit encore comme un État sans histoire, qui déploie des efforts surhumains pour excaver un petit morceau de mur de l’époque de Salomon et raser des quartiers entiers. On est toujours dans l’abstraction de la période sioniste. Avec House et Wadi, ce qui m’intéressait c’était d’enregistrer, grâce à ces films tournés à plusieurs années de distance, les transformations humaines à l’intérieur d’un même site. Pour Ananas, tout part d’une étiquette. Un jour, en ouvrant mon frigo, j’ai regardé de près une boîte d’ananas ; elle avait été fabriquée aux Philippines, mise en boîte à Honolulu, distribué à San Francisco, et l’étiquette « imprimé au Japon ». C’était une illustration concrète de l’économie des multinationales. Ananas, c’est un peu comme House : un microcosme ».


    01 - Traverser les frontières Oct 23, 2018
    Show notes

    Amos Gitaï Collège de France Création artistique Année 2018 - 2019 Traverser les frontières Le documentaire comme métaphore House et Wadi, deux trilogies documentaires filmées pendant un quart de siècle Ananas « House et Wadi sont deux films pour lesquels j’ai éprouvé le besoin de revenir, plusieurs années plus tard, sur les mêmes lieux pour filmer les mêmes personnes. Wadi est pour moi une sorte de site archéologique, chaque personnage représentant une couche particulière d’une archéologie humaine. En fait, chaque film est pour moi comme un nouveau chapitre d’une chronique : j’enregistre différents états du territoire comme autant de couches archéologiques, parce qu’Israël se vit encore comme un État sans histoire, qui déploie des efforts surhumains pour excaver un petit morceau de mur de l’époque de Salomon et raser des quartiers entiers. On est toujours dans l’abstraction de la période sioniste. Avec House et Wadi, ce qui m’intéressait c’était d’enregistrer, grâce à ces films tournés à plusieurs années de distance, les transformations humaines à l’intérieur d’un même site. Pour Ananas, tout part d’une étiquette. Un jour, en ouvrant mon frigo, j’ai regardé de près une boîte d’ananas ; elle avait été fabriquée aux Philippines, mise en boîte à Honolulu, distribué à San Francisco, et l’étiquette « imprimé au Japon ». C’était une illustration concrète de l’économie des multinationales. Ananas, c’est un peu comme House : un microcosme ».


    Leçon inaugurale : La caméra est une sorte de fétiche – Filmer au Moyen-Orient - VIDEO Oct 16, 2018
    Show notes

    Amos Gitaï Collège de France Création artistique Année 2018 - 2019 Traverser les frontières « À une époque où nous sommes bombardés d’images, à la télévision ou sur Internet, qu’il s’agisse d’informations ou de programmes de divertissement, et alors que la technologie et l’industrie de production d’images ne cessent de progresser et de se sophistiquer, il importe de rester résolument conscient de l’acte de représentation ; de garder à l’esprit qu’il ne s’agit pas seulement du "quoi" filmer, c’est-à-dire du contenu de l’image produite, mais du "comment" filmer » Amos Gitaï Que devient l’esthétique filmique si elle s’oppose au principe de l’illustration ? Cette esthétique n’est-elle pas alors également une éthique cinématographique ? Cette approche s’articulera à la question du cinéma dans un contexte géopolitique en perpétuelle métamorphose. Au Moyen-Orient plus qu’ailleurs, le geste du cinéaste se rapproche de celui de l’archéologue. Il s’agit de prendre en considération les strates, les mémoires et les histoires pour approcher les situations humaines contemporaines.


    Leçon inaugurale : La caméra est une sorte de fétiche – Filmer au Moyen-Orient - PDF Oct 16, 2018
    Show notes https://podcastfichiers.college-de-france.fr/gitai-li-20181016.pdf

    Leçon inaugurale : La caméra est une sorte de fétiche – Filmer au Moyen-Orient Oct 16, 2018
    Show notes

    Amos Gitaï Collège de France Création artistique Année 2018 - 2019 Traverser les frontières « À une époque où nous sommes bombardés d’images, à la télévision ou sur Internet, qu’il s’agisse d’informations ou de programmes de divertissement, et alors que la technologie et l’industrie de production d’images ne cessent de progresser et de se sophistiquer, il importe de rester résolument conscient de l’acte de représentation ; de garder à l’esprit qu’il ne s’agit pas seulement du "quoi" filmer, c’est-à-dire du contenu de l’image produite, mais du "comment" filmer » Amos Gitaï Que devient l’esthétique filmique si elle s’oppose au principe de l’illustration ? Cette esthétique n’est-elle pas alors également une éthique cinématographique ? Cette approche s’articulera à la question du cinéma dans un contexte géopolitique en perpétuelle métamorphose. Au Moyen-Orient plus qu’ailleurs, le geste du cinéaste se rapproche de celui de l’archéologue. Il s’agit de prendre en considération les strates, les mémoires et les histoires pour approcher les situations humaines contemporaines.


    07 - Musiques, sons et signes Jun 16, 2017
    Show notes

    Philippe Manoury Création artistique (2016-2017) Collège de France Musiques, sons et signes Extraits musicaux Ludwig van Beethoven : Variations Diabelli. Grigory Sokolov, piano Ludwig van Beethoven : Sonate N°27 en mi mineur, Sviatoslav Richter, piano Claude Debussy : La mer Orchestre du Concertgebouw d'Amsterdam, direction Bernard Haitink Anton Webern : Variations opus 27, Maurizio Pollini, piano. Philippe Manoury : Passacaille pour Tokyo Ensemble Intercontemporain. Hideki Nagano, piano. Direction : Pierre Boulez


    06 - Musiques, sons et signes - VIDEO Jun 09, 2017
    Show notes

    Philippe Manoury Création artistique (2016-2017) Collège de France Musiques, sons et signes Extraits musicaux Ludwig van Beethoven : Variations Diabelli. Grigory Sokolov, piano Ludwig van Beethoven : Sonate N°27 en mi mineur, Sviatoslav Richter, piano Claude Debussy : La mer Orchestre du Concertgebouw d'Amsterdam, direction Bernard Haitink Anton Webern : Variations opus 27, Maurizio Pollini, piano. Philippe Manoury : Passacaille pour Tokyo Ensemble Intercontemporain. Hideki Nagano, piano. Direction : Pierre Boulez


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