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Cette semaine, je publie un épisode bonus entre chaque épisode habituel, pour répondre de façon simple et très directe à une question essentielle !
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Dans de nombreuses langues, la plupart des noms donnés aux jours de la semaine sont dérivés du panthéon dominant. En Europe, il s'agit le plus souvent des divinités grecques et romaines.
Ainsi, en anglais, le nom donné à notre jeudi, "thursday", est tiré du dieu Thor. A priori, pourtant, ce dieu faisait partie du panthéon nordique et était vénéré par la plupart des peuples germaniques.
Il n'est cependant pas sans rapport avec les dieux grecs et romains. En effet, en règle générale, Thor est assimilé à Jupiter qui, en tant que dieu du ciel et principale divinité de ce panthéon, maîtrise lui aussi le tonnerre.
En s'inspirant du dieu Thor, assimilé à Jupiter, pour nommer ce jour de la semaine, les anciens peuples germaniques ont finalement suivi l'exemple de nombreux autres peuples européens.
C'est en effet Jupiter qui leur a servi de modèle pour désigner ce jour de la semaine, que les Français ont nommé "jeudi", les Italiens "giovedi" et les Anglais "thursday", le "jour de Thor" et d'une certaine façon, par conséquent, celui de Jupiter.
Si Jupiter a été identifié à Thor, celui-ci n'est cependant pas, come son modèle, la divinité principale. En effet, dans le panthéon nordique, le roi des dieux n'est pas Thor mais Odin.
Son statut un peu subalterne n'empêchait pas Thor d'être plus apprécié qu'Odin. Les rudes guerriers nordiques préféraient se placer sous l'invocation de cette divinité puissante et fidèle.
La sagesse et, à certains égards, le comportement rusé d'Odin, paraissaient moins convenir à leur éthique. La popularité de Thor est attestée par les nombreuses amulettes découvertes dans des tombes vikings. Elles étaient en effet ornées du marteau, l'un des emblèmes du dieu du tonnerre.
Par ailleurs, on estime qu'une proportion très notable des anciens noms islandais dérive de celui de Thor. Autant de raisons qui expliquent que ce dieu, assimilé ou non à Jupiter, ait été choisi pour donner son nom au quatrième jour de la semaine.
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Certains fromages, on le sait, ont des trous. Ils font même partie intégrante de leur réputation. Le gruyère et l'emmental présentent notamment cet aspect, le second fromage ayant des trous plus larges que le premier.
Mais qu'est-ce qui a pu produire ces orifices dans l'emmental, ce célèbre fromage d'origine suisse ? Cette question, souvent posée par les enfants, n'avait guère reçu de réponse probante.
On a en effet supposé que des bactéries produites par le dioxyde de carbone présent dans la pâte pouvaient être à l'origine de ces trous. Mais cette théorie n'a pu être démontrée.
Ce qui a mis la puce à l'oreille des chercheurs, c'est que, depuis l'introduction de techniques de traite plus modernes, les trous de l'emmental étaient beaucoup moins nombreux.
L'origine de ces trous serait donc à rechercher dans la méthode traditionnelle de traite des vaches. Pour recueillir le lait devant servir à la fabrication du fromage, on plaçait un grand seau sous le pis de la vache.
Or, dans toutes les étables, on trouve de la paille. De petits résidus pouvaient donc tomber dans le seau, qui rien ne fermait. Ces menues particules de paille émettent des gaz durant la fermentation qui se produit pendant la phase d'affinage.
Et ce sont ces gaz qui formeraient les trous qui ornent le fromage. C'est du moins à ces conclusions que sont parvenues des équipes de chercheurs. Pour cela, ils ont surveillé, durant plus de quatre mois, la formation de ces trous durant l'affinage du fromage.
La traite traditionnelle a aujourd'hui disparu, du moins dans la plupart des exploitations. Elle a été remplacée par des systèmes automatisés, comme les machines à traire.
Avec un tel procédé, plus performant et plus hygiénique, les brins de paille auront beaucoup plus de mal à s'introduire dans le lait. Sans ces résidus, il ne devrait plus y avoir de trou dans l'emmental.
C'est donc un peu par hasard, à l'occasion d'un changement de méthode de traite, qu'on a finalement découvert l'origine des trous dans l'emmental.
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Cette idée d'"innovation frugale" est venue d'une constatation simple : les populations à faibles revenus, notamment dans les pays émergents, ont droit à des produits de qualité. Elles représentent en plus un important marché, que les industriels ne peuvent négliger.
D'où la volonté de fabriquer des produits de qualité en employant le moins de moyens possible, et en les utilisant au mieux de leurs possibilités. Ce qui permettrait de réduire les coûts de production et donc de proposer des prix plus abordables.
Ce qui ne veut pas dire qu'il s'agit de produits "low cost", dont la qualité serait moindre. Cette notion d'"innovation frugale" s'inspire du concept indien de "jugaad", qui fait référence à la créativité et à une forme de bricolage intelligent.
Le "système D" français ou le "do it yourself" américain, qui consiste à créer ou réparer de façon artisanale des objets de la vie quotidienne, sont des formes d'innovation frugale, apparues pour répondre, d'une manière moins dispendieuse, aux besoins courants.
Il existe de nombreux exemples de produits élaborés selon les principes de l'"ingénierie frugale", comme on appelle aussi cette méthode de production.
Ainsi, on peut citer le cas de ce berceau, fabriqué en Afrique. Il coûte beaucoup moins cher qu'un produit similaire conçu dans les pays occidentaux et répond pourtant à toutes les normes de confort et d'hygiène.
De même, le prix d'une couveuse pour nourrissons, élaborée en Inde, est quatre fois moins élevé que celui de la plupart des couveuses disponibles sur le marché. Et pourtant, il a été démontré qu'elle n'était pas moins efficace.
À chaque fois, en effet, la fabrication de ces produits fait plus appel à l'ingéniosité et au savoir-faire de leurs concepteurs qu'à l'importance du budget consacré à la recherche et aux sommes investies dans l'achat des matériaux utilisés.
Les produits élaborés dans le cadre de l'innovation frugale sont simples et durables, mais répondent aux besoins pour la satisfaction desquels ils ont été conçus. Des besoins qu'on s'est efforcé de connaître au préalable.
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Tout comme les lecteurs, qui savent que le livre qu'ils lisent a été écrit par un écrivain appartenant à l'Académie-Française, les cinéphiles apprennent parfois, par le générique d'un film, que tel acteur est "de la Comédie-Française".
La mention est parfois plus précise ; à la suite du nom du comédien, on peut lire parfois "sociétaire" ou "pensionnaire de la Comédie-Française".
Cette mention, au générique d'un film, ou, plus généralement, de tout spectacle, est obligatoire. Elle est en effet inscrite, depuis 1995, dans le règlement intérieur de l'illustre compagnie.
Mais l'usage s'en est imposé beaucoup plus tôt. Dans les films des années 1930, le nom des acteurs de la maison de Molière était déjà suivi de la mention "de la Comédie- Française".
Cet usage, devenu obligatoire, s'explique en partie par le caractère exclusif du contrat qui lie les pensionnaires et sociétaires à la Comédie-Française. En effet, ils se doivent d'abord à leur troupe.
Pour jouer dans un film, par exemple, ils doivent donc demander l'autorisation de l'administrateur du Théâtre-Français, comme on appelle parfois la Comédie-Française. S'il le juge à propos, il leur accorde alors un congé, qui leur permet de participer au film.
Cette mention "de la Comédie-Française" indique donc que le comédien appartient d'abord à l'illustre compagnie et que ce n'est qu'en vertu d'une dérogation spécifique qu'il a pu jouer dans un film ou un spectacle.
Les cinéastes et metteurs en scène ont d'ailleurs fréquemment recours à ces acteurs. Et les cinéphiles savent que, dans les années 1940 ou 1950, certains acteurs de la Comédie-Française sont devenus des visages familiers pour les spectateurs.
Pour les metteurs en scènes et les producteurs, cette mention "de la Comédie-Française" était donc un gage de qualité. Et elle l'est restée de nos jours.
À l'inverse, elle permet à la maison de Molière d'être mieux connue des Français. La participation de ses comédiens à des films de jeunes réalisateurs contribue à dépoussiérer l'image d'une institution qui cherche, par ailleurs, à innover dans les mises en scène de ses spectacles.
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On le sait, il en est des contes d'Andersen comme de ceux de Perrault ou des frères Grimm : ils ne sont pas forcément destinés aux enfants. Et, de fait, certaines de ces histoires sont assez dures et ne comportent pas de "happy end".
C'est le cas de "La petite sirène", d'Andersen, dont un studio d'animation nous propose une nouvelle version, aussi édulcorée, dans son genre, que celle mise en œuvre par Disney en son temps.
À sa manière, bien sûr, "La petite sirène" est une histoire d'amour. En effet, dans le conte, une jeune sirène ramène un homme inanimé sur le rivage et en tombe amoureuse.
Et se grand-mère semble encourager un tel sentiment. Elle lui fait boire une breuvage qui remplace sa queue de sirène par des jambes. Et, sur sa demande, l'aïeule lui indique qu'il est possible d'épouser un humain.
Mais au prix de quelles épreuves ! Car le conte d'Andersen ne recule pas devant la violence. Sa propre grand-mère, en effet, exige un prix pour le service rendu ; et ce prix, c'est sa langue, que la vieille femme lui coupe.
Plus tard, quand la sirène, transformée en jeune femme, commence à marcher, elle a l'impression qu'à chacun de ses pas, des poignards lui entrent dans les chairs. À la fin du conte, on propose à la sirène de tuer le prince infidèle, seule manière de retrouver son état premier.
Aux yeux de l'auteur, cette violence est tempérée par la morale chrétienne qui imprègne le récit. Ce qui le replace d'ailleurs dans le contexte de cette première moitié du XIXe siècle, où il fut écrit.
Si la jeune sirène veut épouser un humain, c'est pour posséder, comme lui, une "âme immortelle". À la fin du conte, elle refuse, comme on l'a vu, de tuer le prince.
En raison de cette bonne action, son corps ne se dissout pas pour se mêler à l'écume de la mer, comme on l'en avait menacée, mais elle rejoint ce qu'Andersen appelle les "filles de l'air".
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